Le Kyudo, la Voie de l’Arc est un art martial contemplatif d’harmonisation du corps, du souffle et de l’esprit. D’origine Japonaise, il fut introduit en Occident, notamment par Chogyam Trungpa qui invita le maître de la lignée des Facteurs d’Arc de la cour impériale du Japon. La tradition enseignée ici par Philippe Dallinga est issue de cette lignée prestigieuse.
L’art royal de l’Arc est issu de la tradition japonaise ancestrale et de l’enseignement Zen. C’est un art rituel d’une grande beauté, fondé sur la découverte de l’harmonie du ciel, de la terre et de l’homme. La pratique se fait avec un grand arc asymétrique (Yumi) de facture artisanale en bambou. Objet d’art et de respect, vénéré naguère, il demande à son utilisateur de s’être longuement exercé aux gestes nécessaires pour l’utiliser correctement. En apprenant à harmoniser le corps et l’esprit dans le mouvement, l’on découvre une qualité de présence qui se cultive ensuite dans la vie quotidienne. Au Japon, l’art des archers était reconnu comme la plus haute discipline des samouraïs. Puis sous l’influence du bouddhisme zen, il devint le Kyudo, la voie de l’arc, une méthode de contemplation puissante et raffinée.
La pratique
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L’enseignement prend en compte la technique mais aussi la beauté du geste et de l’action, ainsi que la connaissance et le respect de soi et des autres.
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Les mouvements et les gestes coordonnés à la respiration permettent un travail harmonieux de la structure complète du corps. L’ensemble respecte les axes horizontaux (pieds, genoux, hanches et épaules-bras-coudes,…) avec l’axe vertical (terre-ciel) de la colonne vertébrale.
Corps et esprit ainsi s’harmonisent et se rejoignent, se synchronisent avec l’arc dans une attitude juste, dans une dignité naturelle qui peut alors rayonner dans le monde. Progressivement le centre cœur se purifie, le tir apparaît. La cible devient le miroir permettant de voir son propre esprit clairement.
Durant les sessions, dans l’esprit de convergence, de découverte et d’harmonisation avec la vie de la communauté qui réside à l’Institut Karma Ling, il est possible de méditer dans le temple le matin et le soir, de s’entretenir avec des lamas, et d’être informé sur les activités de l’écosite.
La Tradition et la Lignée
C’est durant l’époque du Shogun Tokugawa que le Hama-yumi prit naissance. Le Hama-yumi ou "l’arc destructeur du mal", autrement dit qui permet l’auto-libération, est utilisé comme un moyen de purification, pour purifier l’environnement et son propre esprit. L’image bouddhiste d’Amitabha le représente parfois tenant un arc et une flèche. Pourquoi l’idéal bouddhiste de paix et de compassion est il connecté avec des armes de violence ? parce que ce ne sont pas des armes de violence, mais des armes de paix.
La cible est un miroir qui permet de nettoyer, de polir notre cœur, notre esprit, à travers la réflexion de notre propre image, tir après tir… à travers une pratique longue et authentique qui révèle notre dignité naturelle d’être humain… laquelle peut alors rayonner dans le monde.
Kanjuro Shibata XX Onyumishi.
Méditation en action
Cet Art des guerriers Samouraïs du Japon féodal où prévalent l’efficacité et le meilleur de soi, est reconnu comme le plus haut niveau des disciplines martiales. Utilisé à la guerre ou lors de cérémonies (en particulier des cérémonies Shinto, tradition spirituelle originelle du Japon dans laquelle le respect de la nature et des éléments est sacré), il se perfectionne au cours des siècles. Sous l’influence de la tradition Zen, il devient une méthode de méditation en action puissante et subtile, dans laquelle l’Archer va au-delà de lui-même de manière naturelle, automatique et inconsciente.
L’Arc Sacré
Cette pratique de méditation en action est en particulier transmise au Japon de manière ininterrompue depuis le XVIème siècle par la Lignée des Kanjuro Shibata à travers l’école Heki Bishu chikurin Ha, dont Munekazu Shibata donna l’impulsion en recevant du Shogun le titre honorifique de Onyumishi (ou Maître Facteur d’Arc) et en prenant le nom de Kanjuro Shibata, Premier Maître de Kyudo de cette brillante Lignée. C’est à cette époque que prit naissance le Hama Yumi, (l’Arc destructeur du mal), Arc Sacré utilisé au cours de cérémonies Shinto et Bouddhistes de purification (Shihobarai), dont les Kanjuro Shibata font aussi la facture.
Au XIXème siècle, durant l’ère Meiji, Kanjuro Shibata XVIII devient le Facteur d’Arc officiel de la famille et de la cour impériale du Japon, et ainsi détenteur de la fabrication du Goshimpo Yumi, l’Arc sacré utilisé pour la purification et la consécration de l’autel d’Ise, Temple Principal Shinto, qui se déroule tous les vingt ans. En 1883 il fonde le Taiyusha, un Kyudojo, lieu de pratique du Kyudo, à Kyoto.
Trésor National Vivant
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C’est à l’âge de huit ans que Yoshimune Kanjuro Shibata XX, commence l’apprentissage du Kyudo et la fabrication des Arcs avec son grand-père Muneshige Kanjuro Shibata XIX dans l’atelier familial à Kyoto. En 1959, au décès de son grand-père, il reçoit le titre d’Onyumishi avec pleine responsabilité pour fabriquer les Arcs, enseigner le Kyudo, et exécuter le Goshimpo Yumi ; il devient dès lors le Maître de la Lignée et du Taiyusha Kyudojo à Kyoto.
En 1969 il reçoit la nomination de Trésor National Vivant. Il commença à entraîner Nobuhiro, l’époux de l’une de ses filles, dans l’art du Kyudo et de la fabrication des Arcs comme son grand-père l’avait fait avant lui Chogÿam Trungpa Rimpoché. |
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En 1980 Chogÿam Trungpa Rimpoché, grand admirateur des Arts contemplatifs japonais, l’invite aux Etats-Unis. Le lien qu’ils ont tous deux avec l’Arc et la Tradition Spirituelle "Guerrière" les unissent dans une Vision commune et Ouverte, qui va devenir l’inspiration de l’engagement de Kanjuro Shibata XX. En 1985, il enseigne dès lors les étudiants de Chogÿam Trungpa Rimpoché en occident.
En 1994, il demande à son Fils Nobuhiro d’assumer le nom des Kanjuro Shibata et de la Lignée, un événement exceptionnel (le dix-huitième Kanjuro Shibata était lui aussi entré dans la famille). Bien que restant le Maître (Sensei) de la Lignée, il lui transmet officiellement, ses charges de Facteur d’Arc Impérial et Maître d’Arc. Celui-ci reçoit alors le titre de Kanjuro Shibata XXI Onyumishi, cet événement coïncide avec sa première offrande du Goshimpo Yumi au Temple d’Ise.
En occident, Kanjuro Shibata XX Sensei et son Fils élargissent leurs enseignements au-delà du cercle des étudiants de Chogÿam Trungpa Rimpoché. Ceci est finalement officialisé en 2005 par une déclaration commune avec le Sakyong Mipham Rimpoché, dans laquelle quiconque est invité à pratiquer le Kyudo en y développant une connexion de cœur, dans le respect mutuel et avec loyauté envers Kanjuro Shibata XX en tant que Sensei.
Intervenant
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Philippe Ten Have Dallinga, pratique le Kuydo depuis 1987. En 2001, après la perte de son senseî quelques années auparavent, il commence à étudier et pratiquer le Kyudo de la lignée, auprès de Kanjuro Shibata XX Sensei et de son fils. En 2005, il est officiellement autorisé à enseigner le Kyudo de la lignée. |
Il a contibué depuis 2004 à mettre en place les programmes de Kyudo à l’institut Karma Ling et les prend en charge depuis cette époque.
Il donne actuellement des cours de Kyudo au Dharma Ling de Paris.
D’autre part, Philippe étudie et pratique le Dharma, dans l’esprit Rimay, d’unité dans la diversité.
www.kyudoaparis.info
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