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Séminaires complémentaires
Sur des thèmes d’enseignement particiulier

La distinction entre les phénomènes et leur nature de Maitreya-Asanga.
 
Ce texte est un traité essentiel du mahâyâna. D’un point de vu pratique il expose comment concilier la vision de la vacuité exposée dans les sûtras de la Prajñāpāramitā et l’expérience contemplative. 
Pour répondre à cette question, le DhDhV semble suivre une règle énoncée dans le Catupratisarasūtra : « prendre appui sur l’expérience directe (la nature des phénomènes), non sur la connaissance conceptuelle (les phénomènes) ».
Mais comment doit-on procéder puisque les Prajñāpāramitâsûtra amènent justement à renoncer à tout point d’appui ?
Le DhDhV insiste sur le fait que la capacité de prendre appui sur l’expérience directe n’est possible qu’en engageant une réflexion car, comme le dit le texte" ce qui n’existe pas apparaît et il y a confusion" (Tib. med pa snang phyir ’phrul pa ni).
À l’étude de ce texte, le rapport entre la pensée rationnelle et l’expérience devient un terrain fertile pour la pratique du Dharma qui mène à une expérience transformatrice profonde et irréversible.
 
Plan du texte selon le commentaire de Mipham
  • La présentation concise 
  • L’explication détaillée
  • L’explication détaillée des phénomènes
  • L’explication détaillée de la nature des phénomènes
  • La transformation (l’Éveil)
  • L’appui qui permet cette transformation (l’intelligence fondamentale non-conceptuelle)
     
La place du texte dans la tradition
 
De manière générale, le DhDhV est considéré comme un Shâstra portant sur la parole du Buddha (sûtra). Dans un enseignement publié en 1999, Khenchen Thrangu Rimpoché (Tib. mkhan chen khra ’gu : 1933- ) distingue deux types de shâstra : les shâstra proprement dits et les shâstra d’instruction « orale », c’est-à-dire destinés spécifiquement à la pratique. Il isole le DhDhV du corpus de cinq traités attribués à Maitreya, en le désignant comme seul shâstra d’instructions « orales ». Ce statut lui est conféré parce que, premièrement, le DhDhV introduit le pratiquant à la nature de l’esprit ; et deuxièmement, parce qu’il est très concis. En situation de pratique méditative, la concision d’un texte permet de rappeler les points essentiels à contempler. Dans la lignée Kagyu pa, le DhDhV est un texte fondamental. Pour Khenpo Tsültrim Gyamtso Rimpoché (Tib. mkhan po tshul khrims rgya mtsho rin po che : 1934- ), ce texte exprime la vue Madhyamka-Shentong de façon exemplaire, il considère aussi que l’étude de ce texte est instrumental à la pratique du Mahâmudra.
Dans les études bouddhiques traditionnelles indo-tibétaine, l’étude du DhDhV s’inscrit dans le curriculum des Shédra, le cycle d’études scripturaires monastiques tibétaines (voir à ce sujet un article de Dreyfus, 2005). Ce cycle d’études fait partie d’un système combinant deux voies : le sūtrayāna, méthode d’apprentissage favorisant l’étude et l’analyse détaillée des textes (sūtra et śāstra) ; et le mantrayāna, méthode d’apprentissage favorisant les pratiques rituelles tantriques. Ce système d’études, sous une forme adaptée, s’instaure aujourd’hui dans les centres bouddhiques « occidentaux », comme c’est le cas à l’université Rimay Nalanda.
 
Les thèmes abordés dans le cours

En plus de répondre aux questions que je soulève ci-dessus, ce cours mettra en lumière l’aspect pratique du DhDhV particulièrement dans la perspective de Mahâmudra. Pour ce faire, la notion d’appui et le constat de vacuité sont essentiels. Sur quoi s’appuie l’expérience du samsâra et celle du nirvâna ? Et si tout est vacuité, à quoi sert la pratique ?
En ce sens, je cite un extrait de la recherche :

Devant le constat de vacuité, on est souvent pris de court. Si tout est vide, à quoi peut servir l’effort, l’éthique, la réflexion ? À quoi peut servir la recherche de connaissance ? À quoi peut servir la méditation ? Quel peut être le rôle de la pensée rationnelle devant une réalité sans fondement, devant un constat déjà établi ? En cela, le constat de vacuité met en lumière un dilemme : soit la réalité possède un fondement fixe et stable, soit on tombe dans la confusion ou le nihilisme. On sait que le Buddha soulève une mise en garde contre ces deux extrêmes que sont l’éternalisme et le nihilisme. Des écrits, comme le DhDhV, nécessairement influencé par les Prajñāpāramitāsūtra propose une alternative à ces tendances en utilisant une porte qui permet à la fois de rompre avec un mode habituel de fonctionnement et de provoquer l’expérience transformatrice, l’Éveil. En somme, il y est question ici « d’opérativité », ou comme le propose Bugault (2002), de "fonction".

Il sera donc question de l’utilisation de la pensée rationnelle et du développement de la prajñā. Ce faisant, on ne peut éviter d’examiner la question d’existence et les distinctions que celle-ci pose entre le contexte bouddhique (pensée d’origine indienne) et le contexte occidental (pensée d’origine grec).

Une brève biographie de Maitreya-Asanga

Selon la tradition, l’auteur est Maitreya. Les plus anciens textes du bouddhisme indiquent que Maitreya fut un disciple du Buddha. On le situe donc quelques siècles avant notre ère. Cela dit, une prédiction fait de lui le prochain Buddha. En attendant que cette prophétie se manifeste, Maitreya demeure en un royaume nommé Tshita. C’est de ce domaine qu’il a transmis le DhDhV à Asanga (315-390) autour du IVe siècle. Ce dernier l’a enseigné à son frère Vasubandhu (316-396), qui en a écrit un bref commentaire. Telles sont les données traditionnelles de l’attribution de la composition du DhDhV et de ses premières transmissions.
 
Enseignante
 
Diane Denis a étudié et pratiqué sous les instructions du Vénérable Khenpo Tsültrim Gyamtso Rinpoché dont elle est la disciple depuis l’automne 1992. Elle a suivi un cursus d’études pendant plusieurs années à l’université de Naropa au Colorado, à l’institut Marpa pour les traducteurs, ainsi qu’à l’institut Rigpe Dorje du monastère de Pullahari au Népal.
 
Elle fait actuellement une thèse de doctorat à l’université Laval à Québec, au Canada, sur un texte très important de Maitreya, le Dharmadharmatâvibhâga.
Elle est de retour à l’instiut Karma Ling cette année après deux passages, le premier en tant que traductrice du Khenpo en 2005 et le deuxième, en tant qu’enseignante en 2006.
 
Dates
 
Les 26 et 27 mai 2012.
 
Paticipation
 
20€ la jounée et 35€ les 2 jours.
 
 
 
La nature de Bouddha, étude du traité de Maitreya-Asanga, La Continuité Absolue 
(Sk.Uttaratantrashastra, Tib.rgyud blama)
 
Philippe Cornu est président de l’université Bouddhique Européenne (UBE), professeur à l’université Catholique de Louvain-la-Neuve, chargé de cours aux Langues’O à Paris et l’auteur de nombreux ouvrages, dont le tout dernier, « Le livre des morts tibétain » (Buchet-Chastel,octobre 2009,780 p) est une traduction inédite du tibétain avec commentaire de ce grand classique du bouddhisme tibétain.
 
 
Dates
 
Les 22 et 23 septembre 2012
 
Participation
 
50€ la journée ou 40€ pour les revenus <1000€
100€ les 2 jours ou 70€ pour les revenus <1000€

 






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anteaaProgramme 2012

- 26, 27 mai : La distinction entre les phénomènes et leur nature de Maitaya-Asanga avec Diane Denis

- 22 et 23 septembre : La nature de Bouddha, étude du traité de Maitreya-Asanga, la Continuité Absolue avec Philippe Cornu

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